L'Iran convoque l'ambassadeur de France après l'interpellation de deux diplomates français à Téhéran, accusés "d'ingérence"

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé l'interpellation de ces deux diplomates français à Téhéran, survenue le 19 juillet.



La tension monte entre Téhéran et Paris. L'ambassadeur de France en Iran a été convoqué dimanche au ministère des Affaires étrangères, a annoncé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, lundi 27 juillet. Celui-ci a dénoncé des "ingérences dans les affaires internes de son pays", accusant la France d'agir "sous des appellations fallacieuses comme la promotion des droits de l'homme ou la défense de la société civile".


"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs". La convocation de Pierre Cochard intervient après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne, le 19 juillet.


Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères français, avait indiqué que ces deux agents avaient été "détenus sans raison pendant plusieurs heures, interrogés et, pour l'un d'eux, molesté", avant de pouvoir regagner l'ambassade. Le chef de la diplomatie française avait dénoncé une "action d'intimidation extrêmement grave", précisant que les deux hommes portaient des "programmes de soutien à la société civile, et notamment aux artistes et scientifiques iraniens".


Les deux agents, "sous le choc", sont rentrés en France


Après cet incident inédit, le chargé d'affaires iranien avait été convoqué mardi au Quai d'Orsay. Il lui avait été "fait part de notre condamnation la plus ferme de cette agression préméditée et délibérée", avait déclaré le porte-parole de la diplomatie française. Les deux diplomates français avaient quitté l'Iran dès le lendemain. Ils sont "sous le choc" et ne souhaitent pas retourner à Téhéran, avait précisé Jean-Noël Barrot sur France Inter(Nouvelle fenêtre). "Ils continueront d'exercer leur mission jusqu'à son terme, mais depuis Paris."


Ces deux agents avaient été interpellés dans un lieu privé par des officiers de sécurité du régime, selon le ministre français. Ils ont été retenus durant quatre heures, sans accès à leurs moyens de communication, et sans pouvoir prévenir leur propre ambassade de l'incident. Les agents français ont fait l'objet d'intimidations et l'un d'eux, un conseiller culturel, a été "brutalisé" et "frappé". Leur identité et leur fonction précise n'ont pas été révélées.


Le ministre Jean-Noël Barrot a toutefois indiqué que les agents étaient chargés "de développer des programmes de soutien à la société civile iranienne". Il a évoqué le cas d'étudiants et d'artistes souhaitant venir en mobilité en France ou voulant "bénéficier d'un certain nombre de services que l'ambassade de France met à disposition de la population iranienne, y compris des cours de français".


Les autorités iraniennes, de leur côté, avaient déjà nié toute agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités". Le porte-parole de la diplomatie, Esmaïl Baghaï, a estimé lundi matin qu'il revenait à la France de présenter des excuses à l'Iran, lui reprochant des actions "d'ingérence" en prétextant "des actions au sein de la société civile". Téhéran n'a pas davantage étayé ses accusations.

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