Tunisie : manifestations contre le pouvoir et la dégradation des conditions de vie

En Tunisie, l’opposition et des ONG dénoncent un recul des droits et libertés durant le mandat de Kais Saied, président de la Tunisie depuis 2019.



Environ 2 500 personnes ont manifesté samedi 25 juillet 2026 à Tunis contre le président Kais Saied et la détérioration des conditions de vie, au cinquième anniversaire de son coup de force et alors que le pays vit, en pleine vague de chaleur, au rythme des coupures d’électricité et parfois d’eau.


« Dégage ! », « Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix », ont scandé les manifestants.


« Nous sommes sortis aujourd’hui pour demander des comptes » et dénoncer les « dysfonctionnements », a déclaré à l’Agence France Presse Wissem Sghaier, porte-parole du parti d’opposition Al Joumhouri.


« Cette marche est un appel populaire, un appel citoyen pour retrouver les valeurs et les principes de la République », a de son côté affirmé l’universitaire Mouldi Gassoumi.


Un recul des droits et libertés dénoncé


Porté par un discours de probité et de rupture avec la classe politique traditionnelle, Kais Saied avait été élu président de la Tunisie en 2019 avec une large majorité.


Le 25 juillet 2021, jour de la fête de la République tunisienne, il avait suspendu le Parlement et concentré entre ses mains les pouvoirs exécutifs.


Opposition et ONG dénoncent depuis un recul des droits et libertés. De nombreux opposants ont été condamnés à de lourdes peines de prison et plusieurs personnalités politiques, journalistes, avocats et militants sont en détention ou en exil.


Opposition et ONG dénoncent depuis un recul des droits et libertés. De nombreux opposants ont été condamnés à de lourdes peines de prison et plusieurs personnalités politiques, journalistes, avocats et militants sont en détention ou en exil.


REPORTAGE. « Il faisait 40 °C dans mon magasin » : la Tunisie accablée par la chaleur et les coupures d’électricité


Les coupures de courant sont programmées afin de réduire la pression sur un réseau électrique dépassé par la demande, notamment en raison de la climatisation. Elles ont alimenté la colère et l’inquiétude, notamment pour les hôpitaux.


Coupures d’eau et d’électricité


Samedi, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a appelé à soutenir le personnel de santé par des dons, notamment de « glace alimentaire » pour les patients souffrant de coups de chaleur, et exhorté les étudiants en médecine à se porter volontaires dans les services d’urgence.


Lire aussi : Tunis : la capitale frappée par des perturbations et des coupures d’eau en pleine vague de chaleur


Le président de l’OTJM a affirmé cette semaine sur Facebook que, selon des données recueillies par de jeunes médecins, entre 150 et 200 décès liés à des coups de chaleur avaient été recensés ces derniers jours.


Les autorités n’ont communiqué aucun bilan officiel. Sollicité par l’AFP, le ministère de la Santé n’a pas donné de réponse.

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