Un pistolet de type Luger retrouvé au fond du lac d’Annecy pourrait-il permettre de relancer l’enquête sur la tuerie de Chevaline de 2012 ? Découverte le 20 août par des touristes britanniques, l’arme doit désormais être examinée afin de déterminer si elle peut correspondre aux douilles retrouvées sur les lieux du crime.
C’est une arme retrouvée au fond du lac d’Annecy qui intrigue aujourd’hui les enquêteurs. Le 20 août, alors qu’ils se baignaient, des touristes britanniques ont découvert à environ deux mètres de profondeur un pistolet de type Luger, semblable à l’arme utilisée lors de la tuerie de Chevaline il y a 14 ans. Cette affaire reste toujours non élucidée. Cette arme datant de la Seconde Guerre mondiale pourrait-elle relancer l’enquête et aider les enquêteurs à retrouver le responsable ? Certains spécialistes en doutent. « Cette arme a pu circuler pendant des décennies et être conservée chez des grands-parents, un aubergiste ou dans un club, avant d’être volée, vendue illégalement ou donnée. Et c’est là que l’on voit toute la complexité de retracer la chaîne d’approvisionnement », explique Jean-Charles Antoine-Noirel, ancien gendarme et spécialiste du trafic d’armes.
Une arme en très mauvais état après 14 ans dans l’eau
Le 5 septembre 2012, Saad al-Hilli, un Britannique d’origine irakienne, son épouse et sa belle-mère avaient été retrouvés morts dans leur voiture, sur un parking situé le long d’une petite route de montagne surplombant le lac d’Annecy. Un cycliste français, lui aussi atteint de plusieurs balles à la tête, avait été retrouvé mort au pied de leur véhicule. Quatorze ans plus tard, le pistolet a été découvert devant le camping où séjournait la famille Al-Hilli. Les enquêteurs poursuivent toutefois leurs investigations avec prudence, car le Luger est fortement détérioré et difficilement identifiable après avoir passé une longue période immergé dans l’eau. William Bourdon, avocat de la famille Al-Hilli, appelle lui aussi à la prudence : « Ils sont évidemment très impatients. Nous devons tempérer leurs attentes et leur dire : “Ne manifestez pas trop vite votre enthousiasme.” Ce qu’ils constatent, c’est donc que la justice française répond présente. »
L’arme retrouvée au fond du lac d’Annecy correspond-elle aux 18 douilles découvertes sur la scène du crime ? Seules les analyses actuellement menées au laboratoire scientifique de la gendarmerie pourront permettre de répondre à cette question.
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